Voilà plus de deux mois que ce blog est resté silencieux. Entre temps, « la cacahuète » a bien grandi et est devenue « le petit poulet » (oui, désolée, une cacahuète de 5 kilos ça n’existe pas, crédibilité zéro !).
Pourquoi ce silence? Parce que bordel, les premiers mois de vie avec un bébé, qu’est-ce que c’est NAZE HORRIBLE FATIGANT DUR !

Du haut de mon impartialité toute relative de parent, je dois dire qu’on l’a plutôt bien réussi notre fils : il est mignon, il grandit bien, il nous fait des supers sourires, il a très vite su tenir sa tête, il a compris au bout d’un mois et demi que la nuit, c’était fait pour dormir… Mais il y a un truc qu’on a complètement, mais alors complètement foiré : son système digestif.
Pendant ces deux mois de silence, on a donc découvert le monde merveilleux des problèmes digestifs de bébé : le reflux, la constipation, et les « coliques », ce terme méga générique qui veut juste dire que ton gosse est en train de se tordre de douleur mais qu’en fait c’est pas grave parce que tous les bébés ont ça.

En 3 mois de vie, le petit poulet a eu 5 laits différents, chaque lait résolvant un problème mais en entraînant un autre. On a découvert le monde merveilleux du RGO, le Reflux Gastro Oesophagien. Et grâce à ses soucis de digestion, on a enrichi notre vocabulaire et découvert plein de termes qu’on ne connaissait pas.

 

Petit lexique spécial « bébé qui digère mal » :

RGO : Reflux Gastro Oesophagien

Qu’on pourrait résumer par : « cette grosse saloperie qui vient gâcher les premiers mois de ta vie de parent ». Le système digestif des nourrissons est immature, et quasiment tous les bébés souffrent de reflux plus ou moins prononcé. En général, ce reflux se traduit par des régurgitations non douloureuses : c’est salissant, mais pas vraiment méchant. Sauf que parfois, ce foutu reflux est interne : au lieu d’être régurgité, le contenu de l’estomac remonte, puis redescend. Deux fois plus de brûlures acides pour un pauvre bébé qui n’a rien demandé.
Les symptômes d’un RGO interne sont nombreux, et dans notre cas, ils sont pour la plupart passés longtemps inaperçus, alors qu’ils étaient présents dès les premiers jours à la maternité. Petites phrases tirées de nos premières journées :

  • Oh regarde, trop marrant, on dirait qu’il mâche un chewing gum !
  • Alors bonhomme, qu’est ce qu’il y a de si intéressant à droite? Tu ne veux pas regarder de l’autre côté?
  • Tu nous tires la langue petit coquin ?
  • C’est dingue comment il serre ses poings en buvant le biberon !
  • Mais arrête de te tortiller comme ça, tu n’arrives pas à boire !
  • Regarde, il dort encore « profondément » (alors que le bébé gigote dans tous les sens en dormant, en levant les bras et en se cambrant)
  • Tu l’entends? On dirait un bouledogue qui ronfle, c’est dingue quand même !

Tous ces petits symptômes, pour nous, ça faisait juste partie de la personnalité de notre bébé. On ne s’est pas dit que c’était anormal, jusqu’à ce qu’il commence à hurler au milieu de ses biberons, comme si le lait le brûlait. Quelques jours cauchemardesques plus tard, la pédiatre confirmait le diagnostic que m’avait déjà posé mes recherches Google : le petit poulet avait un RGO interne.

IPP : Inhibiteur de la Pompe à Protons.

Franchement, c’est pas un nom qui claque ça, « inhibiteur de la pompe à protons »? On dirait une expression tirée du film Ghostbuster : « Venkman, balance moi l’inhibiteur de pompe à protons, on va le fumer cet enfoiré ». La réalité est vachement moins glamour : un IPP, c’est un médicament qui permet de réduire l’acidité gastrique. Pour le petit poulet, celui qu’on nous a prescrit s’appelle « Inexium », et on l’a arrêté au bout de 5 jours vu les maux de ventre et les réveils nocturnes qu’il provoquait.

IPLV : Intolérance aux Protéines de Lait de Vache

Contrairement à sa grande soeur l’APLV, l’Allergie aux Protéines de Lait de Vache, l’IPLV n’est pas vraiment « détectable ». D’après notre pédiatre, beaucoup de bébés qui présentent un RGO compliqué sont en fait intolérants au lait de vache. Si l’état du petit poulet ne s’était pas amélioré avec le dernier lait prescrit, on aurait sans doute exploré cette piste en lui donnant un lait sans PLV. Les deux commentaires principaux glanés sur le net concernant les laits sans PLV : « ça pue » et « c’est dégueulasse ». Ca fait rêver non?

 

On a testé pour vous : les solutions anti coliques et constipation

La position magique

Mais si vous savez, celle là :

Source : http://sage-femme-anne-lyse-vieux.fr

Allez savoir pourquoi, mais avec nous, ça ne fonctionne pas. Sûrement parce que le papa du petit poulet et moi on rentre plutôt dans la catégorie « nains », et parce que nos avants bras ne sont du coup pas très confortables. Mais je ne remets pas en cause l’efficacité de cette position, puisque quand elle est pratiquée par le parrain par alliance du petit poulet (qui mesure facilement 2m12), il s’endort dans les 5 minutes.

L’eau de chaux.

Un remède de grand mère trouvé en cherchant « remède naturel coliques » sur mon moteur de recherche préféré. Vu que je fais le liniment du petit poulet moi même, de l’eau de chaux, j’en avais plein d’avance, ça tombait bien. Depuis que les coliques se sont manifestées, on ajoute une petite cuillère d’eau de chaux dans chaque biberon : ce n’est pas magique, mais ça a bien calmé l’intensité des douleurs. On a essayé d’arrêter une fois, les coliques ont empiré, on a donc décidé qu’on continuerait ce remède jusqu’aux 21 ans révolus du petit poulet, pas avant.

Les massages de ventre.

Je pratique celui de cette vidéo :

Super efficace pour nous, que ce soit contre les coliques ou la constipation. Quand il n’est pas en crise il adore ça, il est ultra concentré pendant les différents gestes.

Le portage

Pendant les grosses crises, l’écharpe de portage a sauvé nos soirées. J’en ai plusieurs à la maison, mais celle qui m’a le plus servi pour calmer les crises rapidement, c’est celle-ci :

La petite écharpe sans noeud de Je Porte Mon Bébé. Installée en 2 secondes, et surtout assez légère pour me permettre de porter le petit poulet contre moi en période de canicule sans crever d’hyperthermie.

L’Hepar

Pour remédier à la constipation du petit poulet, on nous a conseillé de mettre un peu d’eau d’Hepar dans ses biberons. Aucune efficacité pour nous : à part lui donner d’énormes coliques et des gargouillis de ventre, l’ajout d’Hepar ne l’a absolument pas aidé à remplir ses couches.

Le thermomètre

Pour aider un bébé à faire sortir ce qui doit sortir, certains conseillent de « l’aider » en lui prenant sa température. Je l’ai fait une fois, ça n’a pas marché, et j’ai eu la sensation assez bizarre de pratiquer une fouille rectale sur mon bébé… Cette méthode est de toute façon plutôt déconseillée par les pédiatres.

L’huile d’olive

Encore un remède de grand mère trouvé au fin fond d’internet… Mais croyez-le ou non, c’est ce qui a marché pour nous. Depuis que je lui ajoute une petite cuillère d’huile d’olive dans un des biberons du matin, la constipation du petit poulet n’est plus qu’un mauvais souvenir. Coïncidence? Peut-être, mais du coup je n’ose pas arrêter !

Les médicaments

Forcément en 3 mois on a eu le temps d’en tester, des trucs. Les pharmaciennes sont devenues des copines, bientôt elles viendront prendre l’apéro à la maison après leur journée de boulot. On a donc essayé :

  • le gaviscon nourrisson. J’ai goûté, c’est franchement mauvais, donc pas étonnant que le bébé refuse catégoriquement de le prendre et pleure dès qu’on approche la pipette… En plus, quel est l’effet secondaire le plus fréquent du gaviscon? La constipation…
  • la calmosine. Traitement naturel anti coliques, extrêmement cher pour une efficacité toute relative : on l’a arrêtée au bout de quelques semaines.
  • le bébégaz (le nom a le mérite d’être tout à fait explicite). Assez cher, naturel, à base de fenouil notamment, ce médicament s’est révélé plutôt efficace : depuis qu’on donne un stick par jour au petit poulet, les coliques ne le réveillent plus la nuit. Parce que si d’un point de vue extérieur ça peut paraître super marrant un bébé qui est réveillé à 3h du matin par le bruit de ses propres pets, ça l’est beaucoup moins pour des jeunes parents en manque de sommeil.
  • le polysilane : notre sauveur. Un produit ultra chimique, ultra salissant, difficile à trouver en tube et super pas pratique en sachets… Mais bordel, qu’est ce que c’est efficace ! On ne s’en sert quasiment plus, mais il a sauvé certaines de nos nuits. Grâce à l’arôme bien chimique de framboise, les bébés adorent, contrairement au détestable gaviscon mentholé. On nous l’a conseillé pour le reflux à la base, mais cerise sur le gâteau : ce médicament est également préconisé en cas de coliques. Donc pendant les crises de coliques nocturnes, une petite noisette de polysilane sur la tétine, et en quelques minutes le petit poulet retournait au pays des rêves.

 

Heureusement, après 3 mois révolus, on commence doucement à se sortir des soucis de digestion. Et c’est maintenant que va pouvoir commencer une autre période difficile : l’entrée à la crèche, et les rhumes à répétition qui vont forcément en découler ! Prochain achat prévu : un mouche bébé…

4 comments on “RGO, coliques et autres réjouissances, ou le bilan des 3 premiers mois”

  1. Le polysilane a sauvé nos 3 bébés RGO. Ici on est encore en galère à 1 an. C’est une saleté ce truc … J’aime beaucoup la description que vous faites des symptomes du RGO : ) C’est exactement ça

  2. J’ai l’impression de me lire aux 3 mois de ma fille. On avait eu la totale aussi: coliques, RGO, IPLV ici. Ma fille a mangé de l’Inexium jusqu’à ses 9 mois où le reflux l’a un peu plus laissée tranquille. Pour les coliques, on faisait préparer du julep gommeux en pharmacie (il y a notamment de l’eau de chaux dedans, justement) et c’était miraculeux! Contrairement à la Calmosine qui coûtait dix fois plus cher pour zéro effet. Les coliques passent, le RGO un peu plus tard, mais tout, tout finit par passer. Courage!

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